Aelor

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 Un illustre inconnu

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Ethelbert
Génération spontanée
Ethelbert

Nombre de messages : 647
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 11/01/2006

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MessageSujet: Un illustre inconnu   Un illustre inconnu EmptyVen 27 Jan - 9:06

L’homme se réveilla. Sa tête lui faisait affreusement mal. Il porta instinctivement la main à son occiput, et la retira aussitôt, une vive douleur le foudroyant sur place.
- Vous ne devriez pas y toucher pour l’instant, fit une voix calme à sa droite. Ce n’est pas une bosse que vous avez, mais un melon…
Tournant la tête vers la droite, l’homme sentit une raideur à la nuque. Il distingua une silhouette allant et venant, et entendit le bruit de l’eau dans un récipient. La silhouette grandissait, son interlocuteur – ou interlocutrice ? – se rapprochait.
- Où suis-je ?
- Vous êtes chez moi, en sécurité. Je m’appelle Fiona. Fiona “Ombreverte” Dufresne. Puis-je savoir qui vous êtes ?
- Mon nom est… L’homme s’interrompit, le regard vague. Je ne me souviens pas… Je ne me souviens pas qui je suis, reprit-il dans un sanglot.
- Soyez fort, qui que vous soyez. C’est sûrement une amnésie passagère due au coup que vous avez pris sur le crâne. Levez-vous, vous devez manger.
Fiona conduisit l’homme jusqu’à la table, le soutenant afin d’éviter qu’il ne tombe. Il ne fit qu’une bouchée du ragoût de lapin et des fruits posés sur la table. Quant à la cruche d’eau, il la vida d’un trait.
- Eh bien ! s’exclama Fiona, à quand remonte votre dernier repas ?
- Je ne me souviens pas, répondit l’homme d’un air las.
- Bien, vous devez retourner vous reposer. Je dois partir faire ma ronde, je serai de retour dans la soirée. Nous aurons plus de temps pour parler.
Une fois l’homme endormi, Fiona sortit de sa cabane.

Lorsque Fiona rentra dans la soirée, elle trouva l’homme en train de contempler un casque d’armure. Sur ses genoux reposait une épée. Elle désigna un coin de la cabane où reposaient les parties d’une armure :
- Tout ça vous appartient, messire. J’ai dû vous déshabiller pour vous soigner, quand je vous ai secouru il y a trois jours.
- Il y a trois jours vous dites ? Et tout cela est à moi ?
- En effet. Je vous ai sauvé avant que des orques ne vous achèvent. Il était six contre vous, et l’un d’entre eux vous a frappé à la tête avec son gourdin alors que vous n’aviez plus votre casque. Mais à en juger par les corps autour de vous quand je les ai compté, vous en avez éliminé dix. J’en conclus que vous savez vous battre. Et vos armes, votre épée et votre harnois, le prouvent.
- Qu’est-il advenu des six autres ?
- Je les ai éliminés un par un. Moi aussi je sais me battre. Et j’ai quelques dons.
L’homme se levant, l’épée posée sur ses genoux glissa et lui entailla la jambe. Fiona se précipita pour soigner la coupure.
- Laissez, fit l’homme, qui posa ses mains sur la coupure.
Jaillissant des mains, une lumière bleutée irradia la plaie : le saignement s’arrêta et la plaie était cicatrisée.
- Eh bien, nous en savons un peu plus sur vous, maintenant, fit Fiona en riant. Je doute fort qu’un clerc ou qu’un prêtre maîtrise une épée. Et je ne crois pas qu’un guerrier puisse soigner ainsi des blessures. Vous ne pouvez être qu’un paladin, quel que soit votre nom.
- Un paladin ? Oui, ça doit être cela. Mais je ne suis pas beaucoup plus avancé.
- Croyez-vous ? Regardez votre bouclier…
L’homme s’approcha et vit que sur celui-ci figurait un marteau surmonté d’une balance.
- Le symbole…, commença Fiona
- … de Tyr, finit l’homme, qui s’agenouilla aussitôt.
Lorsqu’il se releva, Fiona lui dit :
- Bien, vous êtes donc un paladin de Tyr. Cela ne court pas les rues, plus encore dans cette région. Je pense qu’en contactant les clergés de Tyr les plus proches, on pourra savoir s’ils vous avaient envoyé en mission, ou si vous deviez traverser cette région. Qui plus est, certains d’entre eux pourraient vous reconnaître et vous identifier. Votre amnésie ne durera plus très longtemps.
- Merci pour tout ce que vous faites pour moi. Je n’oublierai pas. Je le jure sur mon honneur.
- Equipez-vous et venez avec moi, lui dit Fiona pour toute réponse.

Elle conduisit l’homme jusqu’à un village peu éloigné de sa cabane.
- Nous arrivons à Aelor, le seul village à des lieues à la ronde. Je suis la rôdeuse chargée d’assurer la sécurité de cette communauté et des terres environnantes. J’ai parlé de vous au prêtre de Lathandre qui officie ici, et surtout au bourgmestre. Ils nous attendent au temple.
Ce temple de Lathandre est moins imposant que ceux que j’ai pu voir, pensa l’homme. Mais il est vrai que nous sommes dans un petit village… Que ceux que j’ai pu voir ?
Un sourire flotta sur son visage : sa mémoire revenait.
Fiona présenta l’homme au bourgmestre et au prêtre, qui lui souhaitèrent la bienvenue. Apprenant que l’homme était un paladin de Tyr, il l’assura qu’il rédigerait des missives aux temples tyristes les plus proches, en donnant une description du paladin amnésique.
- En attendant, conclut le bourgmestre, vous êtes le bienvenu dans notre communauté.
- Je me ferai un plaisir de vous héberger, déclara le prêtre. À moins que Fiona n’y voie un inconvénient, ajouta-t-il avec un sourire en coin.
- Nenni, il n’y a de place dans mon cœur que pour Carline.
- Sa louve, précisa le bourgmestre au paladin, qui fixait la jeune femme d’un air soupçonneux. - Eh bien, puisque tout est décidé, reprit le bourgmestre, j’invite tout le monde présent à prendre une chope à la taverne.
- Veuillez m’excuser de ne pas me joindre à vous, déclara Fiona, mais je dois rentrer absolument.
- En ce cas, bonsoir.

Les trois semaines qui passèrent, l’homme parlait souvent avec le prêtre. Parler lui faisait du bien, et au détour d’une phrase innocente, des souvenirs enfouis surgissaient. Ceux d’une femme notamment. Ainsi que ceux de jeunes gens avec lesquels il avaient combattu le mal. Une impression de souffrance le tenaillait de temps à autre, comme le souvenir d’un… châtiment.
Quand il n’était pas au temple, l’homme accompagnait Fiona dans les bois et les montagnes ; elle lui montrait les différentes merveilles sauvages des environs d’Aelor. Une amitié se noua, mais rien de plus. Ce qui leur convenait parfaitement.
Ce jour-là, alors qu’ils sortaient d’un bois, ils entendirent des cris provenant d’une ferme. Courant à travers champs, le spectacle qu’ils virent en arrivant les révulsa : des zombies attaquaient une famille de paysans, le père les tenant en respect à l’aide d’une fourche. Les cris avaient été poussés par la mère, dont un des quatre enfants gisait égorgé aux pieds d’un homme en robe bleu pâle.
Fiona et l’homme chargèrent les zombis. Le paladin essaya d’utiliser sa capacité à renvoyer les morts-vivants, mais il n’y parvint pas. Son amnésie devait empêcher une foi et une communion totale avec son dieu. Ils avaient éliminé presque tous les morts-vivants lorsque Fiona se figea. Une lame ensanglantée dépassait de sa poitrine. Elle s’écroula sans un cri. Voyant cela, le paladin chargea le nécromancien en hurlant le nom de son dieu. Les zombies lui barrèrent la route. Il en décapita deux avant d’être frappé dans le dos. Se retournant, il vit que le fermier l’attaquait avec sa fourche, sa femme gisant morte à ses côtés. À son regard il s’aperçut qu’il était devenu un mort-vivant. Surpris, il ne vit pas venir le coup de fourche qui lui enleva son casque. Par réflexe, il décapita la femme, puis se retourna vers le sorcier, qui pâlit en le reconnaissant et poussa un juron :
- Miltiades ! Ces maudits orques sont vraiment incompétents !
Des éclairs jaillirent de sa main et frappèrent le paladin à la poitrine. Celui-ci s’effondra sous le choc. Avant qu’il ne perde conscience, il entendit le sorcier le railler.
- C’est ton jour de chance, Miltiades paladin de Tyr. Une mission ne souffrant aucun délai me retient de t’achever. Mais j’aurai ma vengeance, tôt ou tard. Zarl sera vengé !
Miltiades sombra dans le néant, le rire du sorcier résonnant dans sa tête.

Quand il revint à lui, les corps des morts-vivants qu’ils avaient tués étaient toujours là, mais ceux de Fiona et de la femme du fermier avaient disparu. Il n’y avait pas non plus trace de Carline.
Miltiades rentra au temple, où il fit au prêtre un compte-rendu détaillé des évènements. Quand ce dernier apprit l’identité du paladin, il faillit s’évanouir.

Les deux jours suivants, Miltiades resta au temple, faisant le point, méditant et priant.
- Tyr, entends-moi. Moi, Miltiades, ton serviteur, jure de ne pas quitter ce village, et d’en protéger les habitants, tant que ce sorcier ne sera pas mort. Si tu juges mon serment digne de valeur à tes yeux, accorde-moi tes grâces et envoie-moi un signe. Quelle que soit ta décision, ô Tyr, j’honorerai le serment fait sur ma foi, mon honneur, et mon nom.
Une lumière éclatante enroba alors Miltiades. Le prêtre, qui revenait à ce moment de la taverne, se jeta face contre terre. Quand il se releva, Miltiades gisait sur le sol, inconscient.
Lorsqu’il revint à lui, le prêtre ne reconnut plus l’homme hésitant et perdu qu’il avait rencontré un mois auparavant. Il vit un homme sûr de lui, de sa force ; une volonté implacable se lisait dans son regard, son être irradiait une force au-delà de la condition humaine.
- Tyr m’a entendu, et m’a répondu, déclara Miltiades en réponse à l’interrogation muette du prêtre. Je suis bien Miltiades, le paladin millénaire, tueur de Zarl le guerrier-sorcier. Le nécromancien qui a tué Fiona et ces paysans se nomme Avazarl, c’est un descendant de cette engeance maudite. Mon devoir est clair : débarrasser Faêrun du dernier avatar de ce sang maudit. Et je n’aurai de cesse de mener cette tâche à sa fin, cria-t-il en levant son épée vers le dôme du temple.

Deux jours plus tard, le prêtre vint trouver Miltiades, tout excité.
- Messire, je crois que votre quête est achevée, lui dit-il.
- Comment cela ? fit Miltiades intrigué.
- Ce… comment se nomme-t-il déjà ?
- Avazarl ?
- Oui, c’est cela, Avazarl. Un rôdeur nommé Taurrandir demi-elfe l’a tué.
- Tiens donc ! Et où est ce prodige ?
- Dans la cellule où vous vous reposiez lorsque je vous soignais. Il est assez harassé. Le bourgmestre veut le voir demain ; ensuite vous pourrez lui parler.
- Je vous remercie. Je viendrai au temple dans deux jours.

Deux jours plus tard, Miltiades arriva au temple et demanda à parler à Taurrandir. Le demi-elfe s’approcha, légèrement impressionné par le paladin.
- Ainsi, tu as tué Avazarl le nécromant ? demanda Miltiades.
- D’une flèche entre les deux yeux, oui. Aussi bizarre que cela paraisse, son corps a disparu, se décomposant et se fondant dans le sol. Taurrandir fit alors un récit circonstancié de ce qui lui était arrivé avant sa venue à Aelor.
- Tu en sûr de c’est ce que tu as vu ? demanda Miltiades avec insistance. Réfléchis bien, c’est très important.
- J’en suis certain, mes yeux ne peuvent me tromper.
- En ce cas, Avazarl n’est pas mort.
- Doutes-tu de ma valeur, paladin ?
- Je ne connais pas ta valeur, demi-elfe. Mais je ne doute pas de mon dieu. Avazarl est une demi-liche, qui peut prendre une forme éthérée. Il possède un artefact similaire à un phylactère qu’il faut détruire pour en être définitivement débarrassé. Une pierre, qu’il enferme dans le corps de l’une de ses créatures.
- Nous avons brûlé leurs corps, intervint le prêtre.
- Et avez-vous fouillé les cendres ? s’enquit Miltiades
- Euh… non, concéda le prêtre.
- Mais comment aurions-nous pu le savoir, s’emporta Taurrandir, puisque le seul à connaître cette information n’a pas cru bon de mettre un serviteur de Lathandre au courant d’un tel renseignement.
- Maintenant vous êtes au courant. Dis-toi bien, demi-elfe, que je reconnais mes torts. J’aurais dû avertir le prêtre. Mais Avazarl m’avait dit qu’une affaire urgente devait être réglée avant qu’il ne vienne se venger de ce que j’ai fait à son ancêtre. J’étais loin d’imaginer que l’affaire en question arriverait ici, à Aelor. Le plus efficace, c’est que nous joignions nos efforts pour venir à bout de ce… rebut.
- Hmm… D’accord, ça me va, fit Taurrandir après un temps de réflexion. Ravi de faire équipe avec le célèbre Miltiades.
- Taurrandir, c’est bien cela ? Le demi-elfe acquiesça. Nous combattons ensemble, mais je suis un paladin et toi un rôdeur. Nos motivations sont différentes, donc nous ne faisons pas équipe. Nous combattons le même ennemi, mais ne défendons pas la même chose. Nous ne faisons pas équipe. Néanmoins, reprit-il après un silence tendu, je te souhaite en mon nom la bienvenue à Aelor.
- Fiona sera vengée, Miltiades. Elle et tous les autres. Je m’y engage, sur mon honneur.

Un sourire se dessina sur le visage du paladin. Un allié capable de défaire plusieurs morts-vivants sans pouvoirs divins était une aide de premier choix. C’était là un signe de la volonté de Tyr.

//--hrp--// J'ai écrit ce texte afin de présenter le personnage de Miltiades, et expliquer les raisons de sa présence en Aelor. Pour ceux qui aimeraient en savoir davantage: collection Les Royaumes Oubliés, tomes 8 et 9; ainsi qu'un volume de la Saga du Diamant (Miltiades me corrigera si le nom de la collection n'est pas le bon) consacré aux paladins.
Message édité pour harmonisation des dates entre les histoires de Miltiades et de Taurrandir.//--hrp--//
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Miltiades
Miltiades, paladin de Tyr
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Localisation : En train de chatier le mal
Date d'inscription : 16/12/2005

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MessageSujet: Re: Un illustre inconnu   Un illustre inconnu EmptyVen 27 Jan - 15:51

/// Tome 7 - La fontaine de lumière
Tome 8 - La fontaine des ténèbres
Tome 9 - La fontaine de pénombre//

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